La Princesse au petit pois

Solo pour interprète insomniaque sur matelas

Giuseppina Comito
Interprétation
Esther Meunier Corfdyr
Conception, mise en scène
NOTE D'INTENTION
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J’ai toujours été fascinée par le conte de La Princesse au petit pois. Enfant, je ne réussissais pas à me résoudre à ce qu’un simple petit pois puisse empêcher de dormir. Et en même temps, j’étais attirée par la vision jouissive — et très théâtrale — de dizaine de matelas empilés. J’étais captivée par ce paradoxe d’une atmosphère qui, aussi confortable et chaleureuse qu’elle fut, n’en était pas moins minée par l’inconfort.

Le conte d’Andersen a quelque chose de grotesque : comment croire à la sensiblerie d’une princesse gênée par un petit pois ? J’y vois cependant une dimension politique forte. Au-delà du confort gâché par un détail insignifiant, les matelas sont pour moi ces empilements divers qui nous séparent de multiples réalités dont nous avons connaissance, mais que nous maintenons à distance. Je prends le parti d’un petit pois qui serait un grain de sable dans les rouages de notre mécanique d’oubli et d’occultation. La sensiblerie se change alors en empathie, en sincérité et nous touche.

Mon intention est de renvoyer chacun à ses propres moments de tergiversation. On sait et sent ce qu’elle traverse. Son insomnie singulière ressemble étrangement à la nôtre. Il y a quelque chose de libérateur à voir, à pouvoir partager un état souvent solitaire. On prend le temps de chercher avec elle, d’imaginer pour soi ce qui nous taraude, ce qui ne nous semble pas juste et ce dont on rêve. La chimie de l’empathie face à un état corporel entraîne une rêverie, déclenche des aspirations.

La forme invite le spectateur à plonger dans l’intimité de la Princesse, à s’aventurer dans sa tête. De son côté à elle, les spectateurs sont autant de présences, d’incursions, de petits pois en somme, qui l’empêchent de fermer l’œil. Elle joue de toutes ces présences, les mêle à ses questionnements, à son introspection, et les pousse à faire de même.

Esther Meunier Corfdyr

Juchée sur ses matelas comme sur une île, elle cherche.
Elle cherche le sommeil mais ne trouve que l'insomnie.
Elle est là, et nous sommes spectateurs de son intimité.
Prendre le temps de chercher avec elle.
Prendre le temps d'imaginer ce petit pois qui la taraude.
Performance tout public, tout terrain

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